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Immeuble de faubourg · 1780–1880

Électricité d'origine : mise en sécurité des parties communes

Une colonne montante sous tube acier, des tableaux en bois, aucune prise de terre

Une colonne montante d'avant-guerre

L'électricité est arrivée dans l'immeuble vers 1930 : un branchement en façade, un coffret dans l'allée, et une colonne montante de conducteurs sous tube acier qui grimpe le long de la cage d'escalier. À chaque palier, un coffret de dérivation en bois avec fusibles à tabatière alimente deux compteurs. La section des conducteurs a été calculée pour des ampoules.

QuiSyndicat, sauf transfert de la colonne au réseau public (voir plus loin)
Qui paieCharges communes
Urgencefaible
CoûtSans frais
ActionRetrouver dans les archives l'état de la colonne montante et savoir si elle a été transférée au gestionnaire de réseau.
TextesLoi de 1965, art. 3. Loi ELAN du 23 novembre 2018, art. 176 (colonnes montantes électriques), à vérifier.

Tableaux en bois et fusibles à tabatière

Les coffrets d'étage sont en bois, les fusibles sont des porcelaines à fil de plomb que chacun rafistole, les compteurs sont d'un autre âge. Aucun conducteur de protection : pas de terre dans les communs, pas de terre dans les logements. Un défaut d'isolement sur un appareil met sa carcasse sous tension, et rien ne coupe.

QuiSyndicat pour les communs ; copropriétaires pour leurs installations privatives
Qui paieCharges communes ; chaque lot pour son installation
Urgenceforte
CoûtDiagnostic électrique des parties communes : 400 à 1 000 €
ActionFaire établir un diagnostic des installations communes par un électricien ; informer les copropriétaires de l'absence de terre pour leurs lots.
TextesNorme NF C 15-100 (installations basse tension) et NF C 14-100 (branchements), pour référence. Décret du 30 janvier 2002 (décence : installation électrique conforme aux normes de sécurité).

Fils volants dans une cave humide

En cave, l'éclairage est fait de fils sur isolateurs de porcelaine, de rallonges piquées par les copropriétaires pour leurs congélateurs, et de douilles nues. Les murs suintent. L'humidité et le cuivre à nu font bon ménage avec l'électrocution ; les rongeurs s'occupent des gaines.

QuiSyndicat
Qui paieCharges communes
Urgenceforte
CoûtDépose des installations sauvages : 300 à 800 €
ActionFaire déposer les branchements sauvages, couper les circuits non conformes, poser un éclairage étanche provisoire.
TextesNF C 15-100 (locaux humides : indices de protection), pour référence. Art. 18 de la loi de 1965.

Le risque : échauffement et incendie

Un quart des incendies domestiques est d'origine électrique. Une colonne sous-dimensionnée chauffe sous les charges d'aujourd'hui, un fusible rafistolé ne coupe plus, un coffret en bois s'enflamme. Dans un immeuble en pan de bois avec un seul escalier en bois, l'incendie ne laisse pas de seconde chance.

QuiSyndicat ; assureur
Qui paieAssurance multirisque ; recours possible pour défaut d'entretien
Urgenceforte
CoûtSans chiffrage : le coût est humain
ActionTraiter le dossier comme une urgence de sécurité : mesures conservatoires immédiates et travaux votés sans délai.
TextesArt. 18 de la loi de 1965. Code des assurances (déclaration des risques). Art. L511-19 et s. du CCH (mise en sécurité), à vérifier.

Qui est responsable de la colonne ?

Depuis la loi ELAN, les colonnes montantes électriques mises en service avant novembre 2018 ont été transférées au réseau public de distribution, sauf si la copropriété a revendiqué la propriété dans le délai. Enedis en assume alors le renouvellement. Restent au syndicat : le tableau des services généraux, l'éclairage des communs, la terre. Restent aux copropriétaires : leurs dérivations individuelles et leurs tableaux.

QuiGestionnaire de réseau pour la colonne (si transférée) ; syndicat pour le reste des communs
Qui paieGestionnaire de réseau pour la colonne ; charges communes pour les services généraux
Urgencemoyenne
CoûtRenouvellement de colonne par le gestionnaire : sans frais pour la copropriété (à vérifier au cas par cas)
ActionÉcrire au gestionnaire de réseau pour confirmer le transfert et demander le renouvellement de la colonne ; conserver la réponse.
TextesLoi ELAN, art. 176 ; Code de l'énergie, art. L346-1 et s. (colonnes montantes électriques), à vérifier.

Mise en sécurité des communs

Colonne neuve sous gaine, coffrets d'étage métalliques avec disjoncteurs, tableau des services généraux avec différentiel, prise de terre en cave et conducteur de protection jusqu'à chaque palier, éclairage étanche en cave, blocs de secours dans l'escalier. Les copropriétaires peuvent alors raccorder leurs lots à la terre : c'est le moment de les y inciter.

QuiSyndicat pour les communs ; gestionnaire de réseau pour la colonne ; copropriétaires pour leurs lots
Qui paieCharges communes ; chaque lot pour sa mise à la terre
Urgencemoyenne
CoûtCommuns (hors colonne) : 8 000 à 20 000 € ; mise à la terre d'un lot : 500 à 1 500 €
ActionFaire voter les travaux des communs avec attestation de conformité à réception ; coordonner avec le renouvellement de la colonne par le gestionnaire.
TextesArt. 24 de la loi de 1965. NF C 15-100 et NF C 14-100 ; attestation Consuel pour les installations neuves, à vérifier.

Bilan

Une installation électrique de 1930 dans un immeuble en bois est le risque le plus grave et le moins visible de la copropriété. La loi a déplacé la charge de la colonne vers le réseau ; le reste appartient au syndicat et se chiffre en quelques milliers d'euros. C'est un des rares dossiers où l'on peut à la fois réduire le risque et la dépense.

QuiSyndicat, syndic, gestionnaire de réseau, copropriétaires
Qui paieSelon le partage décrit
Urgenceforte
Coût10 000 à 25 000 € pour la copropriété, colonne comprise si non transférée
ActionDiagnostic électrique des communs tous les dix ans ; vérification annuelle de l'éclairage de sécurité ; information des copropriétaires sur la mise à la terre de leurs lots.
TextesRécapitulatif des textes cités.

Les montants sont des ordres de grandeur constatés à Paris ; les références juridiques sont indiquées à titre d'orientation et doivent être vérifiées avant toute décision. Ce contenu ne remplace ni un diagnostic technique ni un conseil juridique.

Pour approfondir

Les règles de décision pour les travaux sont présentées par l’ANIL : travaux et majorités en copropriété. Les mécanismes de dégradation sont documentés par l’Agence Qualité Construction.

Ces références complètent les scénarios ; elles ne valident pas les fourchettes de coût proposées.